Éditorial juin 2022

Éditorial juin 2022

Quand vient l’été

L’été arrive et beaucoup d’entre nous vont pouvoir profiter de vacances bien méritées.

Fin de saison pour la CP 322.01

Le mois de juin aura vu le dénouement d’un conflit social qui salissait l’image du secteur titre-service depuis de longs mois.

À la lecture du résultat (voir ici), j’ai envie de dire : « tout ça pour ça » !

Il est vrai qu’une grande hypocrisie préside à l’existence de ce secteur puisque 70 % des recettes liées à l’activité proviennent des autorités publiques, mais que ces dernières sont absentes des négociations sectorielles et ne sont nullement liées par les décisions qui s’y prennent.

Concrètement, les augmentations décidées entre certains des acteurs du secteur et les organisations syndicales devront être assumées par l’ensemble des employeurs. Parmi ces derniers, il est assez facile de deviner que ce sont les sociétés les plus importantes, ou celles bénéficiant d’un double subventionnement public, qui sont les mieux à même d’absorber des surcoûts. Le pire est que ces augmentations ne changeront par ailleurs pas grand-chose à la vie des aides-ménager.e.s.

En parallèle, nous sommes confrontés au vieillissement du personnel. Les plus jeunes rechignent à s’engager dans un travail qui souffre d’une mauvaise image sociétale d’abord dans l’esprit de celles et ceux qui exercent le métier.

L’augmentation du taux d’activité offre également des débouchés plus valorisés au public des demandeurs d’emploi.

Il ne me parait pas étonnant que la fonction d’aide-ménager.e soit reprise, cette année encore, dans la liste des métiers en pénurie.

Il est sans doute temps, pour le monde politique, de réfléchir à une réforme du secteur des titres-services. Elle devrait mieux impliquer le consommateur dans son financement. Il serait aussi judicieux de mettre un terme à la fuite de centaines de millions d’argent public au profit de quelques sociétés privées et leurs actionnaires (que ceux-ci s’assument ou pas) pour revenir aux sources de l’aide légale à la personne dans ce pays : le monde associatif et, en particulier, les ALE.

Mais, au-delà de cette hypothétique prise de conscience de notre importance, ces nouvelles dépenses et obligations me confortent dans l’idée que l’avenir des sections titres-services se trouve dans des collaborations plus fortes entre nous.

Sœur PAW, ne vois-tu rien venir ?

Dès la parution officielle du dernier décret wallon TS portant obligation de rédiger une convention écrite, la PAW a interpellé l’administration avec un texte “à casser” visant à clarifier ce qui était attendu.

L’objectif était d’offrir à nos membres un texte solide. Bien nous en pris puisqu’il fut ainsi confirmé qu’un texte type était en cours de réalisation.

Notre trésorière, Christine de l’ALE de Seraing, n’a pas manqué d’interpeller de nouveau Namur.

Las, telle la pauvre épouse du conte, nous attendons toujours et ne voyons “que le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie”.

Pénurie des prestataires ALE, oui, mais…

La pénurie de prestataires ALE demeure et touche toutes les provinces avec plus ou moins de force.

Pourtant, lors de ses traditionnelles interviews de mi-année, Mme Vanbockestal a révélé qu’approximativement 82.570 demandeurs d’emploi inscris au Forem « ont un niveau d’employabilité très faible : chômeur de longue durée ou déqualifié […]. ».

Pour mieux visualiser l’ampleur des difficultés, si ces derniers vivaient au même endroit, ils formeraient une ville légèrement plus peuplée que La Louvière.

Il y a donc un important potentiel de travailleurs tant pour les tâches habituellement exercées en ALE (garderie dans les écoles, aides diverses au monde associatif, aide au jardinage…) que pour le secteur plus spécifique des titres-services.

Encore faut-il que Forem et CPAS jouent leur rôle et que ses conseillers orientent les profils concernés (chômeurs de longue durée, faiblement qualifié ou bénéficiaire du RIS) vers les ALE et que les prestations fournies dans ce cadre fassent sens pour ce public fragilisé.

Le travail d’accompagnement des ALE implique également une simplification administrative de leur fonctionnement, une meilleure disponibilité des fonctionnaires détachés en leur sein (et donc la fin des horaires répartis sur trois ou quatre ALE) et la fin de la double ligne hiérarchique qui permet à quelques petits malins de s’affranchir de toute autorité directe et laisse des conseils d’administration désemparés quant à leurs responsabilités effectives.

Réécrivons-le, les ALE sont des ASBL autonomes. La meilleure manière de responsabiliser les conseils d’administration demeure, à mes yeux, de respecter cette situation comme cela se fait pour des centaines d’acteurs du secteur culturel, sportif ou de l’aide à la jeunesse, p. ex.

Numérisation mon amie… ou pas

En matière d’évolution, les ALE s’apprêtent à vivre le grand chambardement de la numérisation des chèques. Nous vous en parlions le mois passé (voir ici).

Comme vous le lirez dans la section “le saviez-vous“, l’adjudicataire — du reste seul candidat — est maintenant connu grâce à une révélation de l’un de mes fournisseurs.

C’est un chantier d’envergure qui l’attend et qu’il devra mener en 6 mois alors qu’il me revient que la coordination ALE commence seulement à s’inquiéter des retours de terrain.

Des pommes, des poires et des scoubidous, bidous..

Le feuilleton des quotes-parts liées aux prestations fournies en Flandre rebondit.

Nous terminions la mise en page de la présente lorsqu’un courrier émanant de l’administratrice générale à l’attention des président.e.s nous parvint (à lire ici).

Il y aurait bien des choses à dire sur la façon, peu subtile, dont on tente ici de minorer le problème mais disons, pour faire simple, que l’administration se saisit du dossier avec des pieds de plombs.

On notera tout de même le recours au sophisme dit “de la solution parfaite” pour justifier le refus de respecter les engagements pris.

Nous attendrons donc les propositions de l’ALE concernée et n’hésiterons pas à interpeller le gouvernement wallon si le flou entourant ce dossier perdure et que nos membres ne récupèrent pas leur dû.

Cependant, si une solution acceptable ne se dégage pas, la PAW n’hésitera pas à proposer un dispositif plus transparent et dans l’intérêt de chacune des ALE concernées.

Des initiatives d’ici et de Bruxelles

Dans cette News, vous trouverez également le lien vers l’initiative de collègues bruxellois que je vous invite à visionner. Elle fait écho au travail réalisé par l’ALE de Crisnée sous l’impulsion d’Hervé, il y a quelques mois. Petite question subsidiaire destinée à occuper vos éventuelles séances de bronzage cet été : combien de tenues différentes porte M. Christian Omba ?

Vous constaterez que notre site s’est enrichi d’une page « offre d’emploi ». Michaël vous dit tout ce qu’il faut savoir afin d’y insérer vos propres annonces. En ces temps de « guerre des talents », dixit madame l’administratrice générale, il convient de multiplier les canaux de communications pour atteindre nos objectifs.

Enfin, Marc et moi ne saurions conclure sans souhaiter à chacun d’entre vous, au nom du conseil d’administration, d’agréables vacances et de nous retrouver en septembre reposés pour relever les nombreux défis qui se présentent.

Jean-Michel Lovinfosse et Marc Lison

Co-présidents


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