Le mot des coprésidents

Le mot des coprésidents

Depuis fin janvier 2020, la coprésidence de la PAW est assurée par Jean-Michel Lovinfosse, responsable de l’ALE-TS d’Herstal et par Marc Lison, président de l’ALE traditionnelle de Marchin. Voici leurs mots de présentation et leur analyse des défis qui attendent la PAW dans les prochains mois.

 

Jean-Michel Lovinfosse

Herstalien pur jus, Jean-Michel Lovinfosse, qui représente l’ALE d’Herstal à la coprésidence de la PAW, est un homme de défis. Historien de formation, ancien enseignant, l’homme est responsable de l’ALE herstalienne depuis une vingtaine d’années. « À l’époque, j’ai été engagé par l’ONEM, » précise-t-il. « Et quand le projet « titres-services » a été initié par le fédéral et proposé aux ALE par l’ONEM, l’ALE d’Herstal s’est jetée corps et âme dans cette grande et belle aventure. »

Démissionnaire suite à un contentieux entre l’ALE d’Herstal et l’ONEM, Jean-Michel Lovinfosse avait alors été directement réengagé par son C.A. sur fonds propres. Depuis, il poursuit ses missions avec passion, lesquelles l’ont mené, depuis la fin janvier 2020 et toujours en tant que représentant de l’ALE d’Herstal, à endosser la coprésidence de la PAW en compagnie de Marc Lison, qui représente l’ALE de Marchin.

Jean-Michel, qu’est-ce qui vous a poussé, et par extension a poussé l’ALE d’Herstal, à endosser la coprésidence de la PAW ?

Tout d’abord, il faut se demander ce qui a poussé l’ALE d’Herstal à intégrer la PAW lors de sa création en 2012. Il convient de rappeler qu’à l’époque, plusieurs attaques avaient été menées contre les ALE, allant jusqu’à mettre leur survie en péril. Pourtant, les ALE constituent une des rares mesures relatives au marché de l’emploi à avoir obtenu des résultats significatifs. En plus d’offrir un complément de revenus à leurs travailleurs, les ALE permettent à ceux-ci de garder ou de remettre un pied dans le marché de l’emploi. L’ALE d’Herstal, par exemple, a permis d’offrir des contrats de travail solides à des gens qui ont souffert de la désindustrialisation de notre région. Tout cela m’amène à la réflexion que le système des ALE, et plus particulièrement celui des TS, qui rencontre principalement un public féminin, reste un outil pertinent.

Aussi, quand l’état a décidé d’une ponction des réserves financières des ALE-TS à hauteur de 80%, faisant ainsi d’elles les seules structures gouvernementales ainsi sollicitées, nous nous sommes réunis avec d’autres ALE et nous sommes dit : « ça, ce n’est pas possible. » Dans le même temps, nous devions faire face à la Régionalisation, qui menaçait la survie de nos structures. Il fallait réagir ! Ce qui a mené à la création de la PAW .

Quant à l’arrivée à sa coprésidence, pour répondre à la question de départ, elle n’est que la suite logique de la vice-présidence exercée lors de la précédente mandature.

Quels sont les grands enjeux qui attendent la PAW lors des prochains mois ?

J’en ciblerai deux. Premièrement, la Plateforme doit demeurer, voire s’imposer, en tant qu’interlocuteur vis-à-vis du pouvoir politique wallon. Depuis la Régionalisation, le FOREM semble vouloir passer outre l’autonomie des différents C.A. des ALE. C’est du moins mon avis personnel au regard de certaines consignes données aux fonctionnaires détachés. Pourtant, une des forces des ALE reste de pouvoir s’adapter aux réalités locales. Si, comme semble le souhaiter le FOREM, les prises de décisions venaient à être centralisées, c’est tout le système qui perdrait de son intérêt.

Deuxièmement, alors que les ALE et ALE TS figurent parmi les, si elles ne sont pas le meilleur employeur du secteur, et alors qu’elles représentent 10% du volume d’emploi  du secteur en Région Wallonne, elles ne sont pas encore reconnues comme une fédération d’employeurs en tant que tel. Cette reconnaissance constitue un de nos chevaux de bataille pour les prochaines semaines, les prochains mois.

Un mot à faire passer aux ALE et ALE TS membres de la PAW ?

Oui, et aussi aux ALE qui ne le sont pas : c’est dans la solidarité que réside notre avenir.

 

Marc Lison

“Je suis né le 20 Décembre 1960 à Châtelet mais j’ai vécu et effectué mes études à Charleroi. Je suis rentré dans la vie professionnelle le 28 août 1978 comme officier au Département de la Défense. J’y ai occupé diverses fonctions au fur et à mesure de mes promotions. J’ai été admis à la pension par limite d’âge le 01 Janvier 2017. Je suis marié depuis 1986 et père d’un garçon né en 1986 qui vit et travaille en Australie. Ma passion est l’histoire, tant militaire que politique.

Rien ne me prédestinait donc à m’occuper d’ALE.

Cependant en 2007, je suis rentré au C.A. de l’Alem Marchin Asbl (ALE traditionnelle) et j’en ai été nommé président en 2014, date à laquelle j’ai également été désigné comme conseillé de l’action sociale. Les ALE et ALE-TS constituent pour moi un instrument d’intégration et de remise dans le circuit du travail des demandeurs d’emploi de longue durée ainsi que des personnes bénéficiant d’un revenu d’intégration. Il serait d’ailleurs opportun d’étendre la mesure aux primo-arrivants et à tous les demandeurs d’emploi. Pour ces derniers, en effet, il est très difficile du jour au lendemain de se sentir inutile, ce qui a des effets négatif sur le psychisme de ces nouveaux demandeurs d’emploi avec tous les problèmes de réinsertion inhérents. Pour les primo-arrivants, pouvoir prester en ALE permettrait à ces personnes de faire valoir leurs compétences, leur volonté d’intégration et surtout qu’ils soient mieux perçus par la population.

Les ALE-TS doivent rester car elles permettent à des personnes fragilisées de retrouver dignité et accessoirement un revenu complémentaire en se rendant utiles envers les personnes souvent isolées et âgées. Pour rappel, dans une entreprise TS, la travailleuse doit amener des clients au risque de se voir « remerciée » et les relations entre l’utilisateur et l’entreprise sont souvent formelles et limitées.

La PAW, qui doit obtenir un statut d’interlocuteur reconnu, est une organisation qui se veut fédératrice de toutes les ALE et qui défend les C.A. ainsi que les collaborateurs ALE-FOREM en leur sein. En effet, la volonté du FOREM est de considérer les ALE comme un « poste avancé » local du FOREM. Cela, sur papier, est très tentant mais c’est oublier la particularité voulue par le législateur lors de la création des ALE.

Tout comme les A.S. au sein des CPAS, les collaborateurs-trices au sein des ALE doivent établir une relation de confiance avec les travailleurs ainsi qu’avec les utilisateurs, la PAW comme organisme représentatif a donc une place importante dans l’éco-système des Agences Locales pour l’Emploi, qui peuvent être complémentaires des « Maisons de l’Emploi », mais qui n’ont pas la même mission.

La tâche qui attend les membres de la PAW est importante pour permettre aux bénéficiaires tant travailleurs qu’utilisateurs, de ne pas se retrouver « perdants » et « sur le bord de la route.”

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